AccueilNotre engagement
Notre démarche · Aldea Infantil Virgen de la Paz, Chiclayo

Notre engagement auprès des enfants du Pérou

Notre partenariat avec l'Aldea Infantil Virgen de la Paz, dans la province de Chiclayo. Ce que nous finançons, ce que nous ne faisons jamais, et pourquoi.

Pourquoi les enfants, et pourquoi là

Une agence qui se dit solidaire doit pouvoir répondre à trois questions simples. À qui donnez-vous ? Combien exactement ? Et qu'est-ce que vous ne faites pas ?

Voici nos réponses.

Nous soutenons depuis 2009 un établissement d'accueil pour enfants et adolescents situé dans le district de Pimentel, province de Chiclayo, région de Lambayeque, dans le nord du Pérou : l'Aldea Infantil Virgen de la Paz.

Nous avons choisi le nord parce que c'est un Pérou que le tourisme ignore, et parce que c'est là que passent nos circuits Nord Mystérieux et Grand Tour.

Ce qu'est l'Aldea Infantil Virgen de la Paz

Il faut la présenter pour ce qu'elle est, et pas pour ce que le mot « village d'enfants » évoque en France.

C'est un établissement public régional. Il est géré, financé et entretenu par le Gouvernement régional de Lambayeque, à travers sa direction des programmes sociaux. Ce n'est ni une congrégation religieuse, ni une ONG, ni une fondation privée.

Il fonctionne sous le régime juridique péruvien du Centro de Acogida Residencial, en français centre d'accueil résidentiel. Il a été fondé autour de 1987 et célèbre son anniversaire chaque année au mois de mai. Une nouvelle infrastructure a été inaugurée le 3 décembre 2014.

Sa structure est organisée en sept maisons de type familial, encadrées par des madres sustitutas et des tías sustitutas, des mères et tantes de substitution salariées. La capacité annoncée à l'inauguration était de cent enfants.

Un mot que nous n'employons pas

Orphelinat. À l'échelle mondiale, environ quatre enfants sur cinq vivant en institution ont au moins un parent vivant. Ils y sont le plus souvent à cause de la pauvreté, de l'éloignement géographique, d'une violence familiale ou d'une incapacité temporaire des parents. Les appeler orphelins est factuellement faux, et cela masque le vrai problème.

Le cadre péruvien, qu'il faut connaître pour comprendre

Le Pérou s'est doté d'un cadre légal exigeant. Le décret législatif 1297 de 2016 et son règlement de 2018 organisent la protection des enfants privés de soins parentaux ou risquant de l'être. Il énumère les mesures de protection par ordre de préférence : appui à la famille d'abord, accès à l'éducation et à la santé, soutien psychologique, accueil familial, et en tout dernier recours seulement l'accueil résidentiel.

Autrement dit, le droit péruvien lui-même considère l'institution comme une solution subsidiaire, exceptionnelle et temporaire. L'objectif affiché est le retour en famille.

Les chiffres de la réalité sont plus rudes. Le pays compte environ cinq mille enfants et adolescents en centre d'accueil résidentiel. Les équipes techniques y sont incomplètes, les ratios d'encadrement atteignent couramment un adulte pour quinze enfants là où la norme est d'un pour huit, et une part significative des centres fonctionnaient encore sans accréditation ministérielle en 2024.

Il faut également écarter un chiffre qui circule beaucoup et qui est trompeur : celui de « 291 985 mineurs orphelins au Pérou ». Il compte les enfants ayant perdu au moins un parent, pas des enfants sans famille. Le rapprocher du nombre d'enfants placés produit un raccourci statistiquement abusif. Nous ne l'utilisons pas.

Lambayeque, sans exagération

Nous refusons de vous vendre une région misérable pour rendre notre engagement plus émouvant.

Lambayeque compte plus de 1,3 million d'habitants, dont environ 45 % dans la seule agglomération de Chiclayo. Son taux de pauvreté monétaire, 17,9 % en 2023, est inférieur à la moyenne nationale, qui était de 29 %. Ce n'est pas une des régions les plus pauvres du Pérou : Cajamarca, Loreto, Pasco, Puno et Huancavelica le sont bien davantage.

Ce qui est vrai, en revanche, et qui compte pour les enfants :

  • L'informalité de l'emploi à Chiclayo atteint 67,9 %, plus qu'ailleurs dans le nord. Une famille sur deux vit sans filet.
  • La pauvreté infantile nationale touchait 36,6 % des enfants en 2024, contre 30,8 % en 2015. Elle s'aggrave, alors même que la pauvreté générale recule. L'anémie touche 43,7 % des enfants de 6 à 35 mois.

Et il y a le climat. En mars 2023, le cyclone Yaku combiné à El Niño côtier a frappé seize régions ; Tumbes, Piura et Lambayeque ont été les trois plus touchées. Bilan national : 99 morts, plus de 146 000 logements endommagés, 55 440 enfants privés d'accès à l'école. Les services locaux de protection de l'enfance ont été débordés. Le même scénario s'était produit en 2017.

C'est cela, la vulnérabilité réelle : pas une pauvreté de carte postale, mais une précarité de l'emploi et une exposition climatique qui font basculer des familles d'une année à l'autre.

Ce que nous finançons

Un pour cent du chiffre d'affaires de nos circuits au Pérou est versé chaque année à l'Aldea Infantil Virgen de la Paz. Tous nos circuits, sans exception, et pas seulement ceux qui passent par le nord.

Concrètement, ce financement sert à :

  • L'équipement et l'entretien des maisons : mobilier, literie, cuisine, réparations.
  • Les vêtements et les effets personnels des enfants.
  • La scolarité et les activités extrascolaires : fournitures, uniformes, soutien scolaire, sport et ateliers.
  • La réinsertion des jeunes à leur sortie de l'établissement : formation, insertion professionnelle, premier logement.

Ce reversement est fait par l'agence, sur son chiffre d'affaires. Ce n'est pas un don que vous effectuez, et il ne vous ouvre aucun droit à déduction fiscale. Nous préférons le dire clairement plutôt que de laisser planer un doute flatteur.

Nous publions chaque année le montant effectivement versé et son affectation.

Sur l'affectation, nous avons une préférence assumée. Les recommandations internationales, à commencer par la résolution 74/133 de l'Assemblée générale des Nations unies, adoptée le 18 décembre 2019, demandent de « réorienter les ressources vers les services d'accueil familial et communautaire ». À budget constant, nous privilégions donc ce qui prépare la sortie et le retour en famille. Au Pérou, plus de neuf cents adolescents perdent chaque année la tutelle de l'État en atteignant dix-huit ans, sans dispositif d'accompagnement suffisant. C'est le trou noir du système, et c'est très peu financé.

Ce que nous ne faisons jamais

C'est la partie la plus importante de cette page.

Depuis vingt ans, les organisations de référence en protection de l'enfance documentent les dégâts du tourisme en orphelinat et du volontourisme. La résolution 74/133 des Nations unies demande explicitement aux États de « prendre les mesures appropriées pour prévenir et traiter les préjudices liés aux programmes de volontariat en orphelinat, y compris dans le contexte du tourisme, qui peuvent conduire à la traite et à l'exploitation ».

Les mécanismes de nocivité sont établis. L'institution traitée comme réponse à la pauvreté crée la séparation familiale au lieu de la réparer. La rotation des bénévoles installe chez l'enfant un cycle répété d'attachement puis de rupture. L'accès d'adultes non formés et non contrôlés à des enfants vulnérables crée un risque d'abus. Et, dans les cas les plus graves, des enfants sont activement recrutés pour alimenter un flux de donateurs.

Nous en tirons des règles fermes.

  • Aucune photographie d'enfant identifiable ne figure sur nos supports, nos réseaux sociaux ou nos brochures. Aucune, jamais, y compris de dos ou floutée.
  • Aucun volontariat, d'aucune durée, sous aucune forme. Nous ne plaçons pas de bénévoles auprès d'enfants placés, et nous n'orientons vers aucune structure qui le fait.
  • Aucun contact physique ni activité d'animation menée par des voyageurs. Ce sont les éducateurs qui encadrent leurs jeunes.
  • Aucun cadeau remis directement aux enfants. Tout passe par l'institution.
  • Aucun accès des enfants aux donateurs comme contrepartie du financement. Notre soutien n'achète rien.

Nous ne parlons jamais d'« orphelins ». Nous ne suggérons jamais que votre voyage a permis la prise en charge d'un nombre donné d'enfants : ce type de causalité individuelle n'est pas vérifiable, et l'affirmer serait mensonger.

Enfin, une exigence que le droit péruvien impose déjà et que nous appliquons : toute personne appelée à être en contact direct avec des enfants doit présenter un extrait de casier judiciaire.

Un désaccord que nous assumons de dire

Nous pourrions nous arrêter là et vous laisser croire que notre pratique fait consensus. Elle ne le fait pas, et il vaut mieux que vous l'appreniez ici que par un article de presse.

Les positions les plus strictes du secteur, notamment celle de l'ABTA, la fédération britannique des agences de voyage, considèrent qu'« il n'y a pas de place pour le tourisme dans un cadre d'orphelinat », et recommandent à leurs membres de renoncer non seulement aux visites et au volontariat, mais également aux dons aux institutions d'accueil résidentiel. Le raisonnement est cohérent : financer une institution, c'est prolonger sa nécessité.

Nous ne sommes pas entièrement d'accord, et voici pourquoi. Ces enfants sont placés aujourd'hui. La désinstitutionnalisation est un objectif de moyen terme que le Pérou a inscrit dans sa loi mais qu'il n'a pas les moyens d'appliquer. Retirer un financement à un établissement en attendant qu'il devienne inutile ne rend service à personne. Nous considérons donc notre soutien comme un financement de transition, orienté vers ce qui rend l'institution moins nécessaire, et non comme une approbation du modèle institutionnel.

C'est un arbitrage discutable. Nous l'assumons, nous le documentons, et nous le reverrons si les faits nous donnent tort.

Nos douze itinéraires financent ce partenariat, sans exception.

Voir nos voyages
Nos voyages solidaires

Les itinéraires qui vont plus loin

Trois circuits consacrent une ou plusieurs journées entières à nos communautés partenaires, avec une rémunération directe des familles et des coopératives.