Mukiwa, « la demeure du silence » en aymara. Une vallée irriguée depuis l'ère préinca, seul lieu au monde où les colonies de deux grands empires andins, Tiwanaku et Wari, ont coexisté côte à côte pendant plus de quatre siècles.
Entre 600 et 1 000 apr. J.-C., l'empire Wari bâtit une cité royale au sommet du Cerro Baúl, tandis que les colons Tiwanaku cultivent les terrasses en contrebas : une frontière tenue dans une tension féconde pendant des siècles. Lui succède la culture Chiribaya (900-1360), dont les nécropoles ont livré des momies intégralement habillées, préservées par la sécheresse. Intégrée au Tawantinsuyu par Mayta Cápac, la vallée devient ensuite, sous la colonisation espagnole, le premier centre de production vinicole de la vice-royauté : plus de 130 bodegas y produisaient 13,5 millions de litres par an au XVIIe siècle.
Sur 15 734 km², la région va du littoral (Ilo) à plus de 5 500 m sur le volcan Ubinas, le plus actif du Pérou, en passant par la vallée basse (1 400 m). Le climat désertique d'altitude offre 9 à 11 heures de soleil par jour ; la saison sèche (mai à octobre) reste la plus favorable.
Cité royale wari sur un plateau volcanique à 2 400 m, avec ses brasseries de chicha rituelles.
Géoglyphes tiwanaku représentant une caravane de lamas, sur les collines dominant la vallée.
Village colonial aux moulins à vent en pierre sculptée, uniques au Pérou.
L'aymara reste la langue maternelle d'environ 11 % de la population, concentrée dans les hautes terres de Carumas et Ubinas. Les familles vigneronnes de la vallée perpétuent une production artisanale de pisco selon des méthodes ancestrales, tandis que les pêcheurs d'Ilo maintiennent des pratiques héritées des cultures Chiribaya.
Cochon d'Inde aplati sous une pierre, pané au maïs concassé et frit.
Cépages Negra Criolla et Abilla, aux arômes plus floraux que le pisco d'Ica.
Abricots caramélisés au pisco, spécialité sucrée locale parmi plus de 500 recettes recensées.
5 jours permettent de combiner Cerro Baúl, une bodega artisanale, Torata, la puna et Ilo. Depuis Arequipa (2 335 m), 3 heures de bus offrent une acclimatation naturelle avant les 1 400 m de la ville de Moquegua.